Du 11 au 15 novembre, les maires et les représentants locaux et régionaux du monde entier se sont réunis à Durban, en Afrique du Sud, pour assister au Sommet mondial de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU). Pour la première fois dans l’histoire de CGLU, le Sommet comprenait des débats thématiques ouvertes, offrant l’opportunité aux groupes de la société civile de s’adresser aux représentants des gouvernements locaux sur les questions des villes accessibles et inclusives, de l’égalité des genres, du développement urbain durable, des informalités et du droit à la ville.

Préalablement au Sommet, la Plateforme Globale pour le Droit à la Ville (PGDV) et certains de ses membres ont produit des documents d’orientation thématiques comprenant des recommandations à l’intention des collectivités locales et régionales sur la manière de faire avancer chaque agenda thématique. Ces documents ont servi de base aux discussions en assemblée publique et aux recommandations que chaque groupe de la société civile a partagées pendant l’Assemblée Générale de CGLU.

Le document d’orientation sur le Droit à la Ville, coordonné par Eva García Chueca du CIDOB, Barcelone, comprend les principales recommandations suivantes :

  • Citoyenneté active, diversifiée et cohésive : garantir des élections libres et démocratiques, garantir le droit à l’information du public et la participation des citoyens, et assurer la participation des habitants défavorisés.
  • Institutions gouvernementales engagées : développer des processus participatifs de prise de décision et de planification, former les fonctionnaires au droit à la ville, encourager la coopération et la solidarité métropolitaines, respecter les obligations légales en matière de droits humains.
  • Secteur privé engagé : entreprendre des activités économiques dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises, des normes relatives aux droits humains et des Principes des Nations Unies pour l’investissement responsable (UNPRI).
  • Voix polyphonique des collectivités locales et régionales au niveau mondial : assurer la représentation des différentes typologies de collectivités territoriales (métropoles, villes, villes intermédiaires, villes périphériques, petites villes, villages) au sein de CGLU pour construire une narration globale et inclusive.

 

Au cours de la discussion sur le droit à la ville, d’autres défis ont été abordés, notamment l’accroissement des inégalités, les défis spécifiques auxquels sont confrontées les femmes et les personnes handicapées, ou encore le rôle des bibliothèques en tant que catalyseurs de la mise en œuvre du droit à la ville. La nécessité de renforcer les partenariats entre les différents niveaux de gouvernement (allocation des ressources, pouvoirs légaux), entre le secteur public et le secteur privé, et entre les autorités publiques et la société civile a été la demande la plus répandue parmi les participants.

En plus des assemblées publiques, la PGDV a organisé deux réunions internes – Groupe de travail sur la formation et la recherche et Groupe de facilitation – ainsi que plusieurs activités de formation au Hub Droit à la Ville et Droits Humains. Durban a été une excellente occasion pour les membres de la PGDV de tenir des réunions en personne et de continuer à élaborer des stratégies communes pour avancer.

Dans l’ensemble, la PGDV et ses membres ont réussi à promouvoir la mise en œuvre du droit à la ville aux niveaux local et régional, en collaborant directement avec les autorités publiques pour élaborer des politiques et des programmes spécifiques. Le #DroitalaVille était aussi le sujet le plus populaire lié au #UCLGCongress sur les réseaux sociaux. Pour aller de l’avant, nous voulons continuer à travailler avec CGLU pour développer des stratégies et des recommandations sur la façon de mettre en œuvre le droit à la ville au niveau local, tout en construisant un réseau de villes qui s’engagent à commencer à développer leurs propres programmes et plans sur le Droit à la Ville avec la participation de la société civile, tant dans la conception que dans les phases de mise en œuvre.

 

L’assemblée publique sur le droit à la ville a réuni Mme Imen Ouardani, Maire adjointe de Sousse, Tunis ; M. Gyyongu Shin, Conseiller spécial pour les droits de l’homme auprès du maire de Gwangju (Corée du Sud) ; M. Josep Mayoral, Maire de Granollers, Espagne ; M. Luca Bergamo, Maire adjoint de Rome, Italie ; M. Patrick Braouezec, président de Plaine Comunne, France ; Mme Rohey Malick Liwe, Maire de Banjul, Gambie. Du côté de la société civile, les membres de la PGDV qui ont participé sont Ana Falú (CISCSA, Argentine), Anaclaudia Rossbach (Cities Alliance, Brésil), Catherine Djila (CODAS Caritas, Cameroun), Eduard Cabré (HIC, Espagne), Emilia García (Techo, Mexique), Frederick Kuzambiza (Planact, Afrique du Sud) et Nelson Saule (Pólis Institute, Brésil) ; ainsi que Maria Soledad Cisternas (Envoyée spéciale des Nations Unies pour le handicap et l’accessibilité, Chili) et Christine Mackenzie (IFLA, Australie).