CLACSO et la Plateforme Globale pour le Droit à la Ville organisent une série de trois dialogues pour lancer le livre de travail « Le Droit à la Ville face aux défis d’aujourd’hui ».

 

Les objectifs de ces dialogues sont de faire connaître le cahier par le biais des auteurs, d’approfondir notre compréhension du droit à la ville à partir de différentes perspectives et de se connecter avec d’autres luttes. Ils auront lieu en juillet, août et septembre, dates à confirmer.

Cahier « Le Droit à la Ville face aux défis d’aujourd’hui »

Ce cahier rassemble diverses perspectives politiques et sociales pour faire avancer la réalisation du droit à la ville en Amérique latine du point de vue des inégalités urbaines, à travers des réflexions qui fournissent des apports pratiques à utiliser dans des initiatives de sensibilisation, de formation et de plaidoyer par les acteurs et organisations intéressés.

Motivation et contexte

Depuis plus d’un demi-siècle, le droit à la ville est un paradigme urbain en mouvement, nourri tant par les apports académiques que par la mobilisation et les revendications d’organisations et de quartiers du monde entier. La redistribution des biens matériels va de pair avec la démocratisation de la prise de décision, dans une conceptualisation de la ville qui souligne son caractère de communauté politique et de territoire socio-écologique dont les dynamiques ne peuvent être circonscrites aux frontières administratives. Une notion révisée de la citoyenneté, qui implique de la détacher du statut de la nationalité et de l’ancrer plutôt dans l’accès aux droits et aux opportunités pour une vie digne.

Du Statut de la Ville du Brésil (2001) ou de la Charte Mondiale du Droit à la Ville (2005), à la Constitution de l’Équateur (2008) ou à la Constitution de Mexico (2017), le droit à la ville est désormais largement reconnu dans les cadres juridiques nationaux et locaux de plusieurs pays de la région. À son tour, son inclusion dans le Nouvel agenda urbain (2016), ainsi que dans les Objectifs de développement durable (2015) et l’Accord de Paris (2015), fournit un cadre important pour donner suite aux engagements pris par les gouvernements du monde entier pour s’attaquer aux causes profondes des inégalités sociales, de la ségrégation urbaine et du changement climatique. Mais il y a certainement un long chemin entre le papier et la réalité ; et, comme l’espace urbain, le droit à la ville est aussi un concept contesté.

Les multiples crises sanitaires, sociales, politiques, économiques, climatiques et environnementales sont fortement ressenties en Amérique latine. Le repli vers des pratiques et des discours autoritaires qui cherchent à rendre le racisme, la misogynie et la LGBT+phobie invisibles en tant que problèmes structurels de nos sociétés est inquiétant. Le contexte de la pandémie mondiale accentue les défis mais indique également les priorités et les possibilités pour l’avenir immédiat. La situation d’urgence sans précédent déclenchée par le COVID-19 met en évidence l’interdépendance et la vulnérabilité de la vie, indiquant l’urgence de repenser nos villes et territoires à l’échelle de la proximité et d’une éthique du soin. Dans ce contexte, le rôle des communautés et de la sphère publique devient crucial afin de faire progresser les stratégies de solidarité et de collaboration multi-échelle vers des horizons plus équitables, démocratiques et durables.